Assise

A une journée de route de Toulon, après la traversée de la Toscane via Florence (« Firenze »), vous atteindrez la région d’Ombrie (« Umbria ») fertile pour les oliviers et les vignes, puis le centre montagneux de l’Italie où se niche Assise (« Assisi »), ville qui continue de se relever du tremblement de terre de 1997 – même la basilique Saint-François n’a pas été épargnée, cependant « Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance », aurait dit « Giovanni di Pietro Bernardone » – Saint François – natif d’Assise vers 1181 ( † 3 octobre 1226).

Saint François

Si les historiens évoquent une jeunesse dissipée et la difficile relation avec ses parents, nous retiendrons –

  • que le discernement du futur saint résulte des épreuves telles la prison ou la maladie ;
  • qu’avec la fondation de l’Ordre des frères mineurs (« Ordre franciscain ») il concrétise son engagement dans la vie religieuse ;
  • qu’avec l’initiative du dialogue interreligieux auprès des musulmans en Égypte en 1219 il se fait connaître et apprécier hors de l’Église catholique ;
  • qu’avec son reniement pour les tentations temporelles, il se tourne vers la pauvreté, le travail manuel, la compagnie des malades, et la prédication.

Ainsi toute l’œuvre de Saint François nous exprime sa compréhension de l’Évangile et, sur son exemple, nous invite à poursuivre notre marche dans les pas du Christ. Saint Jean Paul II l’avait bien compris, qui par les « Rencontres d’Assise », a œuvré pour la « Prière pour la paix » dès 1986.

Le pèlerinage a été l’occasion de développer les sujets mentionnés rapidement ci-dessus, mais aussi d’évoquer : Sainte Claire d’Assise et Sainte Agnès d’Assise, deux disciples de Saint François ; son influence sur un siècle de scoutisme en Europe ; ou à propos du regard de l’homme sur les animaux, créatures de Dieu ; ou encore sur l’écologie comme le note Saint Jean Paul II dans sa lettre apostolique « Inter sanctos praeclarosque viros » en 1979 ; sans oublier Pape François, lequel a choisi son nom en référence à la pauvreté et l’humilité prêchées par Saint François, et a titré sa première encyclique « Laudato si’ », ce qui référence directement le début du « Cantique des créatures » écrit par Saint François.

Certainement, quelques unes des règles de vie des Franciscains nous semblent peu tolérables aujourd’hui, quand elles s’appuient sur une lecture littérale de phrases de l’Évangile. Pourtant l’esprit de Saint François contribue à donner sens à notre passage éphémère sur la terre, en offrant les conditions de la recherche du spirituel, laquelle débouche sur la rencontre personnelle de Dieu dans sa vie ; et en désirant la conversion de tous pour bâtir un monde de justice et de paix.

Le Père habite une lumière inaccessible, et Dieu est esprit, et personne n'a jamais vu Dieu. Puisque Dieu est esprit, il ne peut être vu que par l'esprit; car c'est l'esprit qui vivifie, tandis que la chair ne sert de rien. [Paroles d'admonition de Saint François]

Pourquoi être parti en pèlerinage ?

Partir en pèlerinage c’est se mettre en mouvement, se lever, ressusciter – Rappelons-nous le sens de la parabole du « Fils prodigue » qui multiplie de telles évocations :

Luc 15, 11-32 : [Le jeune fils] « partit », « alla se mettre au service », « Étant rentré en lui-même », « je me lèverai, j’irai vers mon père », etc. [Le père] « il courut se jeter à son cou », « Apportez », « l’en revêtez », « mettez-lui », « Amenez », « sortit », « le pria d’entrer ».

Partir en pèlerinage c’est déplacer la montagne que je suis devenu en quittant l’insouciance de l’enfance pour entrer dans le monde adulte – Rappelons-nous la puissance de la foi :

Matthieu 17, 20 « Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. »

Partir en pèlerinage c’est, chemin faisant, rencontrer mes frères et sœurs en Christ ; c’est vivre une fraternité et découvrir qu’eux aussi se sont mis debout ; qu’ensemble réunis, quand nos talents propres s’expriment au service de la maison commune, nous formons le peuple incarnant le corps du Christ ressuscité :

Jean 11, 52 « Et ce n’était pas pour la nation seulement ; c’était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. »


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